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Apprendre que l’on va devenir parent est toujours source de joie, d’accomplissement, de bonheur. A cet instant, on ne pense pas à toutes les contraintes que la parentalité induit car, en effet, la parentalité est tout, sauf un long fleuve tranquille. Et oui, être parent c’est faire face aux responsabilités, c’est gérer le quotidien, s’ (pré)occuper des enfants (au minimum jusqu’à leur majorité), c’est veiller à leur bien-être, c’est aussi se questionner : « suis-je un bon parent ?  » et, tous ces aspects peuvent engendrer du stress.

Les signes qui peuvent indiquer que vous êtes en burn-out parental ?

Le Burn-out parental est un syndrome qui découle de l’accumulation de stress:  4 signes peuvent alerter.

 L’épuisement intense ressenti par le parent.

Comprendre le burn-out parental« Je me sens épuisée, incapable de répondre aux demandes de mon enfant (…) la moindre chose à faire demande beaucoup d’énergie, rien que de penser à ce qu’on allait manger, m’épuisait. »

Cet épuisement est à relier avec son rôle de parent. Il peut être physique et/ou émotionnel. En d’autres termes, les parents n’ont plus d’énergie, ils se sentent vidés par leur rôle de parent.

 La distanciation émotionnelle. Le parent gère la routine mais ne parvient plus à s’investir dans son rôle de parent, il réalise ce qui est indispensable mais ne peut faire plus.

Comprendre le burn-out parental

 La saturation :  c’est le point de non-retour, être parent devient une tare, plus aucun plaisir n’est éprouvé quant à son rôle de parent.

« Ce mot maman je ne le supporte plus, c’est devenu un mot de torture… »

Enfin, le contraste est important dans l’identification d’un burn-out parental. Ce pôle exprime l’écart entre le soi parental actuel, c’est-à-dire le parent qu’il est aujourd’hui et le soi parental antérieur (le parent qu’il était autrefois).  Autrement dit, auparavant, il était efficace mais aujourd’hui, il ne se sent plus aussi performant dans son job de parent. A cela, vient se greffer un standard de parentalité élevé en lien avec un certain perfectionnisme

« Avant, j’étais un parent efficace, j’arrivais à tout gérer sans problème, aujourd’hui, ce n’est plus le cas ! »   « Je ne me reconnais plus dans mon rôle de parent ! »

 

Une balance dont l’équilibre a été rompu :  une image pour comprendre le burn-out parental.

         Comprendre le burn-out parental                                

Ici, la balance est à l’équilibre, il y a donc un équilibre parental, les ressources et les stresseurs ont le même poids. On parlera de burn-out parental lorsque l’équilibre est rompu c’est-à-dire lorsque le poids  des stresseurs est supérieur aux ressources.

Dans sa théorie, Isabelle Roskam, identifie cinq catégories de stresseurs

  • Stresseurs socio-démographiques:  nombre d’enfants, lieu de vie, la précarité
  • Stresseurs situationnels : maladie de l’enfant, difficulté d’apprentissage, etc.

Il est impossible d’avoir un contrôle sur ces deux catégories, cependant, il est possible de travailler sur les trois suivantes.

  • Stresseurs personnels: ils sont propres aux parents. Exemple: le perfectionnisme parental, le faible niveau de compétence émotionnelle ( c’est-à-dire  la capacité d’identifier, d’exprimer et de gérer ses émotions).
  • Stresseurs parentaux:  ils sont en lien avec la relation avec les enfants. Exemple: les pratiques éducatives.
  • Stresseurs familiaux: ils sont en lien avec le couple, et particulièrement la cohérence parentale.

Il est difficile d’identifier une cause spécifique au burn-out parental, on parlera plutôt d’une accumulation de stress, qui vient épuiser les ressources.  Par ailleurs, chaque parent à sa propre combinaison de stresseurs et de ressources.

Toutefois, il est possible d’agir sur ces facteurs de stress.  Une fois identifiés, il est intéressant de voir comment les contrebalancer par des ressources, parfois ignorées par le parent.

Burnout parental, dépression, est-ce différent ?

Oui ! C’est la conclusion d’une étude menée par l’UCL, le burn-out parental est lié à la sphère familiale et précisément au rôle de parent. Les autres sphères de la vie ne sont pas impliquées. En effet, le parent vivant un burn-out parental est capable de trouver des ressources pour travailler, sortir et voir des amis or dans la dépression, pas !

Quand on parle de la dépression, on parle d’un un épuisement général impactant toutes les sphères de la vie. On ne trouve aucune ressource pour faire quoique ce soit.

Qui sont les personnes concernées par le burn-out parental ?

En Belgique, le burn-out parental toucherait 5 à 8 % de la population, les femmes seraient deux fois plus touchées que les hommes. Plus concrètement, cela représente 100 000 mères contre 50000 pères.  Cette différence peut être expliquée par l’implication plus conséquente de la mère au niveau de la charge des enfants.

Quelles sont les conséquences ? Pour qui ?

Les conséquences d’un burn-out s’imposent au parent qui vit cet épuisement mais les enfants ainsi que le couple peuvent également en subir les conséquences.

Pour le parent

Le burnt-out parental augmente l’irritabilité du parent, les problèmes de santé physique sont plus fréquents. On observe également des comportements de dépendance (alcool, tabac, etc.).

Enfin, la fuite est souvent évoquée (envie de tout plaquer) et pour les cas les plus graves, la présence d’idées suicidaires.

Pour les enfants

On peut observer chez les parents vivant un burn-out parental, des négligences et/ou violence à l’égard de leur enfant. Cette violence est surtout verbale. La violence physique est moins fréquente.

Pour le couple

Le burn-out parental peut engendrer des conflits au sein du couple, pensées adultères, violence conjugale, divorce. Ceci peut être expliqué car le parent épuisé accumule le stress et décharge ses tensions sur son partenaire.

Burn-out parental : que faire en tant que parent ?

Prendre conscience que vous n’êtes pas seul(e)

Il est important en tant que parent de puiser dans les ressources qui se trouvent autour de vous. Demander de l’aide, un appui, est loin d’être un signe de faiblesse de votre part.

Accepter d’être un bon parent imparfait

Comment peut-on définir ce qu’est : être un parent parfait ? C’est un concept utopique et illusoire. Aucun manuel, ne peut décrire  » le parent parfait ». Cependant,  le parent peut faire de son mieux, pour répondre et satisfaire les besoins de son enfant. Notez que c’est en faisant des erreurs que vous apprenez.

Pouvoir en parler

Si vous vous reconnaissez dans les divers symptômes (signes) exposés ci-dessus, sachez que vous n’êtes certainement pas le seul parent à vivre cela. N’hésitez pas à en parler à un professionnel de la santé car des prises en charge spécifiques existent et peuvent vous être proposées.

Sources : Conférence « le burn-out parental, les professionnels aux côtés des parents» (Mutualité Chrétienne, UCL, 11 décembre, 2018)

www.jepenseaussiamoi.be

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